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Les CJS au Québec : un développement exponentiel
C'est à l'automne 1987 que le Regroupement québécois pour la coopération du travail (RQCT) - aujourd’hui intégré au RÉSEAU - a manifesté son intérêt pour la sensibilisation des adolescents au monde de la coopération du travail. Ce projet de prise en charge individuelle et collective à travers le démarrage d’une coopérative offrait un cadre idéal pour familiariser les jeunes avec le fonctionnement démocratique d’une association, l’organisation collective du travail, la gestion coopérative et les rouages du marché. Le projet CJS correspondait parfaitement à la vision de formation de la relève au modèle coopératif portée par le RÉSEAU.
Un projet pilote, réalisé à l’été 1988, a permis de vérifier la viabilité du modèle dans le contexte québécois. Dans la foulée de cette expérience concluante, le RQCT a entrepris d’adapter le concept à la réalité québécoise, d’en faire la promotion et d’en soutenir le développement à l’échelle nationale.
En quelques années, ce projet a connu au Québec un essor fulgurant. Alors qu’on ne comptait en 1988 qu’une seule CJS en Outaouais, on dénombre en 2007 pas moins de 155 projets CJS dans toutes les régions du Québec. Dans la mouvance du développement des CJS, on assiste également à une multiplication des partenariats au Québec. On recense aujourd’hui 600 organismes locaux appuyant les projets CJS (Caisses populaires, CLSC, Carrefours jeunesse emploi, Coopératives de développement régional, etc.).
Phases de développement
L’implantation du modèle CJS au Québec a été ponctuée par deux grands courants : une première période dite d’expérimentation et une seconde, de développement et de consolidation.
L’expérimentation
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La CJS de Lévis-
Desjardins dans
Chaudière-Appalaches |
La période dite d’expérimentation, qui s’étale de 1988 à 1995, a été marquée par l’implantation et l’adaptation du modèle CJS ontarien à la réalité québécoise. Durant cette phase, des énergies et une attention considérables ont été apportées à l’évaluation des projets réalisés. Ces activités d’évaluation ont permis d’améliorer le concept original ainsi que le mode d’implantation des projets. Ces mesures ont ainsi facilité l'émergence de nouvelles CJS en maximisant les impacts et les retombées, tant chez les jeunes adolescents que sur l’ensemble des communautés locales.
Le développement et la consolidation
Les années 1996-2003 ont correspondu à la période de développement élargi et de consolidation du réseau CJS. En effet, depuis 1996, les expériences CJS se sont développées de façon accélérée tant au plan quantitatif que qualitatif. Cette période s’est notamment distinguée par l’étalement des expériences sur l’ensemble du territoire québécois, la diversification de ses applications, la reconnaissance du modèle CJS et de ses expérimentations locales par les différents acteurs socio-économiques nationaux, et finalement, par le développement des services de soutien au développement des projets CJS dans 9 régions du Québec. À cet égard, précisons que depuis 1996, 9 régions se sont dotées de services de soutien au développement des expériences par l’implantation d’organisations régionales de développement (ORD). Ce qui fait qu’en 2007, on compte 11 ORD et des CJS dans toutes les régions du Québec. Le mandat d’ORD a été confié aux Coopératives de développement régional (CDR), à l’exception de la région du Bas-St-Laurent-Côte-Nord et de celle de Montréal-Laval où Atena et le RÉSEAU en gèrent respectivement le développement.
Le transfert d’expertise au Canada et au plan international
Le projet CJS est à présent un modèle reconnu dont la réputation dépasse nos frontières. Nous sommes sollicités régulièrement depuis plusieurs années par des groupes africains, latino-américains et autres. Tout récemment, et de manière plus concrète, le RÉSEAU a reçu la demande de deux organisations canadiennes, l’une du Manitoba, l’autre du Nouveau-Brunswick, l’invitant à les accompagner dans la mise sur pied de CJS.
La réalité prometteuse des CJS s’intégrant dans notre vision d’un développement solidaire fondé sur l’intercoopération, nous entrevoyons aisément une perspective d’extension d’un tel réseau à l’échelle canadienne et même internationale, y pressentant un autre moyen d’élargir davantage l’horizon des jeunes participants à ce projet. Qui sait, les CJS pourraient peut-être réinventer une nouvelle forme de mondialisation !

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