vol.1, no3, juin 2007

 



 


Qu’entend-t-on au juste par « coopérative de solidarité » ?

La coopérative de solidarité est une formule relativement nouvelle au Québec. Alors que les premières initiatives coopératives remontent au début du 20e siècle avec les caisses Desjardins et aux années 40 pour les premières coopératives de travail ( les coopératives forestières et l’imprimerie Harpell [1] ), le concept des coopératives de solidarité a pris forme dans les suites du Sommet socio-économique de 1996. Ce type de coopérative s’est principalement développé dans le domaine de la santé ( aide à domicile et, plus récemment, les
cliniques de santé).

Telle que développée en 1996, la coopérative de solidarité compte trois types de membres : les membres utilisateurs, les membres travailleurs et les membres de soutien. Les membres de soutien peuvent être des individus ou organisations appuyant la mission de la coopérative. Il peut s’agir selon les cas de municipalités, de CLSC ou de commerces locaux. Cette forme de coopérative, en obligeant des membres aux intérêts divergents à partager la gestion de l’organisation, porte en elle l’utopie d’une plus grande solidarité. Dans la pratique toutefois, il est rare que chaque groupe participe également au pouvoir. Les travailleurs détiennent souvent bien peu d’influence dans ce type de coopérative.

Pour assouplir ce modèle et permettre une plus grande flexibilité dans les modes de participation à la gestion, la Direction des coopératives du ministère du Développement économique, Innovation et Exportation ( MDEIE ) a permis, suite aux changements apportés à la Loi sur les coopératives en novembre 2005, la création de coopératives de solidarité comptant deux catégories de membres. Les combinaisons sont donc multiples : utilisateurs / producteurs, travailleurs / soutien, utilisateurs / travailleurs, producteurs / soutien.

Puisque les membres de soutien ne peuvent jamais dépasser le tiers des administrateurs d’une coopérative de solidarité, le RÉSEAU considère comme étant une « coopérative de la coopération du travail » toute coopérative de solidarité dont le conseil d'administration est majoritairement composé de travailleurs. Dans la pratique, le fonctionnement de ces coopératives se rapproche de celui des coopératives de travail puisque le pouvoir des administrateurs est donné majoritairement aux travailleurs. Dans le cas des coopératives de travail classiques, la loi prévoit que le conseil d’administration peut être constitué d’un tiers de non-membres ( soit de personnes-ressources externes ) tandis que dans le cas des coopératives de solidarité, ces personnes-ressources ( maximum 1/3 ) ont un statut de membre à part entière. La grande différence réside plutôt dans la dynamique prévalant à l’assemblée générale où un dialogue entre membres travailleurs et membres de soutien doit s’établir afin d’arriver à des compromis de vision et de gestion ( notamment quant à la répartition des excédents et le développement des services ).

Compte tenu de cette réalité où certaines coopératives de solidarité ressemblent de plus en plus à des coopératives de travail, le RÉSEAU a souhaité intégrer dans son projet les coopératives de solidarité dites à prédominance travailleurs. Les coopératives visées par le RÉSEAU appartiennent toutes à la coopération du travail et ont en commun la volonté d’impliquer activement les travailleurs dans le développement stratégique de l’entreprise.

Pour en savoir plus sur la coopérative de solidarité, visitez le site du MDEIE






[1] Vincent, Paul (1996), L’imprimerie coopérative Harpell: ses origines exceptionnelles, son développement, Montréal, Chaire de coopération Guy-Bernier de l’UQAM, 56 p.