| |
La coopérative de solidarité Les ViVaces : pour que la
terre tourne encore rond…
Les ViVaces… c’est le nom de cette coopérative de solidarité ayant pignon sur rue depuis 2004 seulement mais qui cumule déjà une foule de réalisations artistiques toutes plus inventives, novatrices, « dérangeantes » les unes que les autres ! Faisant sienne le principe de développement durable pouvant être véhiculé par le truchement des arts de la scène, Les ViVaces se posent (s’enracinent plutôt) partout où les préoccupations liées à l’environnement et à la survie de la planète se font jour : spectacles solidaires, théâtre de rue, représentations scolaires… Leur message est toujours le même et chaque fois réinventé : la Terre est plus que jamais malmenée, menacée, violentée, surexploitée, et pour que l’humanité survive, il faut de toute urgence restaurer l’intégrité, l’équilibre et la diversité des ressources qu’elle recèle.
C’est ainsi que pour contribuer à mettre un frein à cette détérioration, à cette lente déperdition de la planète, les membres des ViVaces s’appuient sur la notion de développement durable en tablant sur l’effet de choc et l’efficacité des arts de la scène, via le théâtre de rue précisément. Soucieux d’intervenir concrètement dans cette problématique du « désastre appréhendé », les créateurs des ViVaces ont choisi spontanément et solidairement la voie théâtrale pour en faire un outil de conscientisation, de dénonciation des excès et de l’indifférence, en tablant sur le jeu (éducatif), le rire, la provocation si nécessaire… Utopistes, diront certains ? Idéalistes, selon plusieurs ? Plutôt intimement convaincus de l’importance du rôle de CHACUN quant au devenir de notre planète et des actions à entreprendre pour renverser la tendance.
|
|
 |
C’est cette impression de volonté tenace qui se dégage des propos de Mathieu Riendeau, cofondateur et coordonnateur de la coopérative de solidarité Les ViVaces et chantre de la « responsabilisation citoyenne » prise en charge par le moyen de la parole et, en ce qui le concerne, par le jeu théâtral… de rue de préférence ! Un créneau qu’il occupe avec imagination et ferveur depuis nombre d’années déjà (malgré son âge, la jeune trentaine) après des études en communication sociale l’ayant mené à des projets de développement de public et à la création de la troupe NomadUrbains dont il était l’un des concepteurs et comédiens et dans laquelle il est toujours actif.
En 2004, Mathieu Riendeau ajoute à son parcours déjà audacieux la fondation des ViVaces, qu’il codirige tambour battant grâce à l’étroite complicité entre autres de l’équipe de création, composée de Véronique Lamare-Tremblay, Justine Hubert, Yan Imbault, Mélanie Raymond et Mathieu Riel… Lorsqu’on lui demande pourquoi avoir choisi le modèle « coopérative de solidarité » plutôt qu’un autre, la réponse fuse, sans hésitation : « Rien d’autre ne pouvait nous convenir, tout bien considéré. C’était la seule formule, selon nous, alliant implication et engagement de chacun des membres, permettant un droit de regard sur l’ensemble des décisions à prendre, et entraînant la responsabilisation à tous les échelons. C’était à nos yeux la formule la mieux appropriée à notre « philosophie », si j’ose dire… la meilleure garantie pour se sentir « maîtres chez nous ». Bien sûr, un autre facteur a largement influencé notre penchant pour la coopérative de solidarité : la composante incluant l’intercoopération, le soutien mutuel, assise très réconfortante, très rassurante lorsqu’on démarre un tel projet…»

|
|
Pour Les ViVaces, le véritable défi à réaliser serait celui de l’éclosion d’un théâtre citoyen… et comment mieux illustrer cette formule que par la propagation du théâtre de rue, qui en est l’incarnation la plus directe... Par ce biais, il est possible, au dire de Mathieu Riendeau, de réinventer le quotidien, de se réapproprier l’espace public en interpellant toutes les personnes potentiellement concernées par telle ou telle question, de déclencher spontanément des réactions imprévisibles ou inattendues par des effets spectaculaires (marionnettes, clowns, etc.), inédits, provocateurs même… |
Et lorsque Les ViVaces n’investissent pas la rue, à quoi s’adonnent-ils, pensez-vous ? Ils prennent le chemin des écoles, primaires aussi bien que secondaires, pour y promener leur doux délire, leur imaginaire débridé, leur fantaisie éclatée… Parmi leurs plus francs succès à ce chapitre, mentionnons la production du spectacle Alix au pays des Pense-Bêtes, une expérience théâtrale s’adressant aux élèves des classes primaires. Il s’agit d’un projet pédagogique à saveur « écologique » visant à sensibiliser ces jeunes aux valeurs fondées sur le développement durable, considéré à la fois sous l’angle de la gestion des ressources et sous celui des matières résiduelles. En complément de programme, les enfants sont dirigés vers un atelier de fabrication de marionnettes qu’ils seront amenés à façonner à partir de matières résiduelles. Voilà une façon constructive de développer une conscience claire des enjeux de l’environnement appliqués à une activité artistique à la fois créative et ludique !

Les préoccupations des élèves du secondaire ne sont pas négligées non plus par Les ViVaces car ces adolescents auront droit très bientôt, dès cet automne précisément, à un exercice haut en couleur grâce à la présentation du spectacle Irma la TerrAssez, une désopilante histoire mettant en scène Irma, déesse de la fertilité de la planète Terre, que l’on retrouve à l’agonie… ses ressources « pulmonaires pétrolières » se trouvant perforées, ses ressources « viscérales végétales » anéanties et ses ressources « musculaires forestières »… coupées à blanc ! Tout doit donc être tenté pour sauver ce grand corps malade ... C’est ce à quoi s’appliquent avec frénésie les « sauveteurs-acteurs » d’Irma dans une représentation à la fois rocambolesque, échevelée, tragi-comique … mais parfaitement ciblée ! La première version de cette pièce a été mise à l’essai pour le grand public lors du Festival d’été de Québec de 2006 et a reçu un accueil des plus favorables. Précisons qu’à l’issue des représentations données en milieu scolaire, les élèves participants sont invités à créer collectivement une marionnette géante et à apprendre les rudiments de sa manipulation.
Mais le champ d’action de la coopérative Les ViVaces ne se limite pas à ces seules « plates-bandes » ... Leurs activités de sensibilisation s’étendent aussi bien aux secteurs de la santé, du travail, etc., embrassant plusieurs thèmes à caractère social. Outre l’énergie considérable consacrée aux projets scolaires, à la fabrication de marionnettes géantes, les ViVaces proposent en tout temps aux entreprises la conception de spectacles solidaires, l’animation d’événements, la programmation artistique lors de divers salons, conférences de presse, conception d’ateliers de création artistique pour tous publics. En somme, là où un rassemblement promet d’être vivant, énergique, dérangeant bien sûr, imaginatif … et percutant, il y a de fortes chances que l’équipe des ViVaces en orchestre le jeu … et en tire même les ficelles !
Les ViVaces entendent œuvrer « durablement », c’est manifeste, et ils voient grand et loin. Ainsi, le groupe cherche depuis quelque temps à louer un vaste espace multifonctionnel, dans le quartier Villeray préférablement, qui comporterait ateliers, salles de projection, salles de conférences, etc., et réunirait tout l’équipement nécessaire à une féconde collaboration interdisciplinaire entre artistes d’horizons complémentaires. Rassembleurs et opiniâtres comme ils le sont, les ViVaces ne devraient pas tarder à trouver le lieu et l’espace qui leur garantiront un … développement durable !
www.lesvivaces.org |
|