vol.1, no4, octobre 2007

 



 


Entretien avec la nouvelle directrice générale du RÉSEAU

Sans l’ombre d’un doute, Christiane Morin est une battante. Son parcours professionnel en atteste… de même que son attitude face à tout événement. Dernier jalon de son irrésistible ascension : sa nomination au poste de directrice générale du RÉSEAU de la coopération du travail du Québec. Tout un contrat, tout un défi ! Christiane Morin inspire confiance… sans doute d’abord parce qu’elle est elle-même pétrie de confiance… Ses nouvelles fonctions à la barre du RÉSEAU semblent la mobiliser tout entière… mais surtout pas l’effrayer. Nous avons cherché à savoir sous quel angle elle entrevoit son nouveau mandat et voulu du même coup percer l’orientation qu’elle entend donner à cette organisation toute neuve…

Q:   Christiane Morin, vous n’êtes en poste au RÉSEAU que depuis 15 jours. Cette entrée en fonction ne doit pas être de tout repos. Comment vivez-vous une telle expérience, vous qui êtes encore peu familière avec le monde de la coopération ?
     
R:   C’est tout récent en effet mais tout se passe bien.  Il faut dire que j’ai un solide ange gardien en la personne de Jean-Léon Rondeau, qui était directeur général par intérim avant mon arrivée, et qui est un « pédagogue » hors pair. Je dois dire que je sens un appui solide et un véritable esprit de collaboration chez les membres du conseil d’administration, ce qui a de quoi rassurer, vous ne croyez pas ? De plus, je peux compter sur le soutien du personnel qui m’a accueilli tout de suite à bras ouverts.
     
Q:   Votre feuille de route est impressionnante : gestion, planification, organisation, marketing, relations publiques, stratégies de financement, recrutement et gestion de personnel, pour ne mentionner que ces expériences professionnelles. Puis soudain, en 2007, voilà que vous partez à la conquête du milieu coopératif. N’est-ce pas là un virage abrupt… et périlleux ?
     
R:   Je ne crois pas. En réalité, tout ce « virage » comme vous dites, repose sur des motivations d’ordre personnel… À cette étape de ma vie professionnelle, après avoir mûrement réfléchi sur les valeurs qui doivent nous guider dans l’exercice de notre travail, j’avais envie, très envie d’aborder une autre réalité et de me consacrer à une autre quête. Le mouvement coopératif correspond assez précisément à ma philosophie du travail et le développement de coopératives m’apparaît être un projet des plus intéressants. Il faut dire que depuis un certain temps déjà, j’éprouvais de plus en plus le besoin de réalisations très concrètes, d’actions qui puissent aider véritablement les gens dans leur quotidien.
     
Q:   De quelle façon envisagez-vous l’exercice de votre mandat ?
     
R:   Prioritairement, je compte m’attacher à la structuration et au développement du RÉSEAU, après avoir bien soupesé ce qui est réaliste et ce qui est réalisable. Bien sûr, il faudra harmoniser tous les éléments en place, tout comme on le ferait pour un démarrage d’entreprise dans un contexte de redressement. À cet égard, qu’il s’agisse de contexte privé ou public, les mêmes règles prévalent et il s’agit de les appliquer. Les défis qui se posent, les lois du marché, la concurrence, disons-le, et bien d’autres paramètres, sont les mêmes en réalité. Vous savez, les compétences que j’ai acquises ailleurs sont tout à fait transférables au nouveau défi qui est le mien. En somme, je me perçois (et je suis perçue) comme une bâtisseuse et c’est cette caractéristique qui a toujours guidé et guidera l’essentiel de mon action.
     
Q:   Comment envisagez-vous le développement du RÉSEAU?
     
R:   Oui, je suis nouvelle dans le milieu.  Bien sûr, je ne dispose pas des mêmes paradigmes que les « vétérans » du coopératisme. Mais je crois que ces différences seront profitables à l’évolution du RÉSEAU. J’apporte certainement un autre regard, sans doute une autre façon de faire que par le passé.  Chose certaine, j’escompte des résultats significatifs de toute entreprise …et je devrai les obtenir. Mon credo, c’est qu’il faut absolument édifier une structure solide à l’interne si l’on veut faire rayonner, prospérer le RÉSEAU, « vendre » sa philosophie à l’extérieur.  C’est là mon cheval de bataille… et j’ai l’intention de me tenir bien en selle !
     

C’est ainsi que se termine notre plaisant entretien. Christiane Morin, confiante, sereine et déterminée, retourne aux responsabilités qui lui incombent au RÉSEAU. En terminant, les lecteurs seront peut-être curieux de savoir que cette fière bâtisseuse a des origines… beauceronnes ! Mais sans doute que la plupart l’avaient déjà deviné…

Propos recueillis par
Geneviève Girard
Le 29 octobre 2007